Indicateur de confiance des ménages de l'Insee à 80 en octobre 2026. Un chiffre à inclure dans le cadre du pouvoir d'achat 2026.
Les invisibles

Pouvoir d’achat 2026 : ce que les chiffres ne disent pas, renoncer en silence

Ce mardi 27 octobre 2026, l’Insee a publié un chiffre. Un seul, ou presque : 80. C’est le niveau de l’indicateur de confiance des ménages en octobre, contre 85 en septembre. Le plus bas depuis juin 2013, selon l’Insee.

80. On dirait une note griffonnée en marge d’une copie. C’est en réalité la somme de millions de petits calculs que personne n’entend. « Est-ce que je peux me le permettre ? », « Est-ce que ça peut attendre ? », « Est-ce que je fais le plein, ou la moitié ? », etc. Ces calculs-là ne font pas de bruit. Ils n’apparaissent ni dans les files d’attente, ni dans les conversations, et rarement dans les statistiques, notamment celles du pouvoir d’achat 2026. C’est pour cela qu’ils ont leur place ici.

Dans cette rubrique, les invisibles ne sont pas seulement ceux qu’on ne regarde pas. Ce sont aussi ceux qui se retiennent. Commençons par ce qui se mesure. Puis on va voir ce qui s’y dérobe.

Ce que disent les chiffres du pouvoir d’achat 2026

D’abord, les prix. L’inflation a atteint 3.1 % sur un an en septembre, d’après les résultats définitifs de l’Insee. C’est un chiffre révisé en hausse depuis janvier 2024. L’estimation provisoire publiée fin septembre pointait déjà l’envolée des prix de l’énergie (+21.2 %) et des produits frais (+9.9 %). Se chauffer, se déplacer, manger, etc., il s’agit précisément des postes qu’on ne peut pas rayer d’un trait de plume.

Ensuite, à la pompe. Au 26 octobre, le gasoil se vendait en moyenne 2.378 € le litre et le SP95-E10 2.146 €, d’après les données transmises par les stations-service.

Enfin, côté revenu. Au deuxième trimestre 2026, le revenu disponible brut des ménages a encore progressé en euros courants (+0.5 %). Mais les prix ont progressé plus vite. Le pouvoir d’achat par unité de consommation recule de 0.6 %. Pour l’année entière, les prévisionnistes divergent sur l’ampleur, pas le sens. L’OFCE anticipe -0.8 % par unité de consommation en 2026, soit une troisième année consécutive de baisse. Dans sa note de septembre, l’Insee évoque un recul de 0.4 % qui toucherait une large partie des ménages.

Les entreprises le perçoivent aussi. Dans son enquête de début octobre, la Banque de France relève une incertitude qui remonte nettement en septembre, nourrie par les prix des carburants et le pouvoir d’achat. Les chefs d’entreprise décrivent des ménages plus prudents dans leurs dépenses.

Voilà pour ce décor précis, daté et sourcé. Pourtant, il manque l’essentiel.

Ce que les chiffres du pouvoir d’achat 2026 ne disent pas

Un indicateur moyen ne révèle pas quelle personne se retient ni à quel coût. Alors, écoutons ceux qu’on a interrogés.

Selon Elabe pour BFMTV, 67 % des Français estiment que leur pouvoir d’achat a diminué ces derniers mois, soit 11 points de plus qu’en janvier. Pour 35 % d’entre eux, il a même beaucoup baissé. Il manquerait en moyenne 530 € par mois pour vivre convenablement. 29 % déclarent avoir été à découvert plusieurs fois en douze mois, dont 15 % tous les mois ou presque.

L’avenir n’arrange rien. Dans le dernier baromètre Ipsos bva pour La Tribune Dimanche, le pouvoir d’achat reste la première préoccupation des Français (54 %). 87 % s’attendent à ce qu’il se dégrade encore.

Pourquoi un tel décalage entre la courbe et le vécu ? L’Insee se pose lui-même la question. Sa comptabilité nationale mesure l’évolution du pouvoir d’achat de l’ensemble des ménages, en moyenne. Or, le sentiment dépend aussi des marges de manœuvre dont chacun dispose. L’institut publie d’ailleurs un indicateur de revenu « arbitrable » pour tenir compte de cette dimension : ce qui reste une fois les dépenses contraintes payées.

La nuance compte. Quand ce qui grimpe le plus, c’est-à-dire l’énergie et le carburant, sans compter la nourriture, la hausse ne se répartit pas également. Elle frappe d’abord ceux qui n’ont aucune dépense à supprimer pour l’absorber. Une moyenne nationale peut très bien se tenir debout pendant que, dans certaines cuisines, le budget craque.

Renoncer en silence

C’est ici que tout se joue. Entre une dépense qu’on assume et une dépense qu’on ne fait plus, il existe un geste que personne ne voit : renoncer.

Selon une enquête Elable pour BFMTV publiée le 23 septembre, 77 % des Français ont renoncé à au moins une dépense ces derniers mois pour des raisons financières. Un automobiliste sur deux dit avoir renoncé à des déplacements. Le baromètre Bonial-OpinionWay de mai allait dans le même sens. 67 % des Français avaient déjà renoncé à certains trajets à cause du carburant. 53 % avaient réduit leurs sorties au restaurant ou au bar.

Un trajet annulé. Un café en terrasse qu’on décline. Une sortie qu’on ne propose plus. Des soins reportés parce qu’on ne peut plus payer les consultations et leurs frais de dépassements d’honoraires. Cela paraît petit. Pourtant, ça ne l’est pas. Malheureusement, la vie sociale se rétrécit sans un mot, voire la vie, tout court.

Parfois, ça va plus loin. Dans le baromètre Ipsos/Secours populaire publié le 10 septembre dernier, 26 % des Français se déclarent en situation de précarité, soit six points de plus qu’en 2025. 40 % des actifs estiment que leurs revenus ne couvrent pas l’ensemble de leurs dépenses. 51 % des Français disent avoir récemment subi une privation faute de moyens financiers. À l’échelle européenne, plus d’un habitant sur trois a renoncé à des dépenses essentielles, comme l’alimentation ou la santé, pour payer l’énergie ou le carburant.

Pour celles et ceux qui travaillent déjà, ce n’est pas mieux. Le baromètre Andès/Ipsos, réalisé en février dernier auprès de travailleurs pauvres, indique que 49 % d’entre eux se restreignent souvent sur l’alimentation, contre 45 % un an plus tôt.

Pourquoi on ne les entend pas ?

Se restreindre ne fait pas de bruit. Personne ne descend dans la rue parce qu’il a décommandé un rendez-vous ou repoussé un achat. On s’adapte. On se débrouille. On se dit que d’autres ont plus de raisons de se plaindre. Quand on en parle, on a l’impression de parler dans le vide. Toujours selon Andès, 85 % des travailleurs pauvres se sentent abandonnés par les pouvoirs publics.

Pourtant, l’invisible finit par se voir. La Banque de France rapporte des comportements attentistes :

  • Projets reportés ;
  • Commandes plus tardives ;
  • Ménages plus prudents.

Un grand nombre de renoncements personnels font que l’économie tout entière retient son souffle. Cette semaine, l’Insee le formule à sa manière : les craintes des ménages sur l’évolution du chômage repartent à la hausse.

80, ce n’est pas qu’un chiffre du pouvoir d’achat 2026

Revenons à ce chiffre 80. Derrière, il y a des décisions prises à voix basse, dans une cuisine, devant une application bancaire, à la station-service. Aucune ne fera la une. Ensemble, elles composent un indicateur au plus bas depuis treize ans.

Les données bougent vite. L’Insee publie le 30 octobre prochain sa première estimation du pouvoir d’achat au troisième trimestre. La prochaine enquête de confiance des ménages est attendue le 25 novembre. À suivre.

D’ici là, une question, simplement : qu’avez-vous cessé de faire ces derniers mois, sans en parler à personne ? Écris-le en commentaire ou par message. Pas pour la statistique. Pour que, pour une fois, cela se dise.

Si cet article sur le pouvoir d’achat 2026 t’a plu et que tu as appris beaucoup de choses pour renforcer ta réflexion, je t’invite à découvrir la rubrique « Les invisibles » sur mon blog. Tu peux aussi t’abonner à ma newsletter pour recevoir les articles dans ta boîte mail et ne pas en perdre une miette.

Si tu souhaites qu’on discute de diverses thématiques et d’étudier sur les manières de les aborder dans une stratégie de communication, je t’invite à réserver ton créneau pour un appel découverte gratuit et sans engagement.

Questions fréquentes sur le pouvoir d’achat 2026

Parce que les prix augmentent plus vite que les revenus. Au deuxième trimestre 2026, le revenu disponible brut des ménages progresse de 0,5 % en euros courants, mais le pouvoir d’achat par unité de consommation recule de 0,6 %. L’énergie, dont les prix ont bondi de plus de 21 % sur un an en septembre selon l’estimation provisoire de l’Insee, pèse lourd dans ce recul du pouvoir d’achat 2026.

L’inflation atteint 3,1 % sur un an en septembre 2026, d’après les résultats définitifs, contre 2,4 % en août. C’est un plus haut depuis janvier 2024. L’indice harmonisé, lui, était estimé à 3,4 % dans la publication provisoire.

Les deux mesurent l’évolution des prix à partir de la même enquête. L’IPC sert à mesurer l’inflation en France. L’IPCH, l’indice harmonisé, est utilisé pour les comparaisons entre pays de l’Union européenne, ce qui explique des taux différents (3,1 % contre 3,4 % en septembre 2026).

C’est un indicateur de l’Insee qui résume l’opinion des ménages sur leur situation financière, le niveau de vie en France, le chômage et l’opportunité des achats importants. Il s’établit à 80 en octobre 2026, contre 85 en septembre, son plus bas niveau depuis juin 2013. Il repose sur environ 2 000 entretiens téléphoniques menés du 25 septembre au 19 octobre.

C’est le pouvoir d’achat rapporté à la taille et à la composition du ménage. Une unité de consommation correspond à un adulte, avec 0,5 unité de plus pour chaque autre adulte et 0,3 par enfant de moins de 14 ans. Cela permet de comparer des foyers de tailles différentes.

C’est ce qui reste aux ménages une fois payées les dépenses pré-engagées, comme le logement ou l’énergie. L’Insee publie un indicateur de revenu et de pouvoir d’achat arbitrables parce que le ressenti des ménages dépend de leurs marges de manœuvre, pas seulement du revenu moyen.

En moyenne, 530 € par mois selon Elabe pour BFMTV en septembre 2026, soit 24 € de plus qu’en mai. 12 % des sondés estiment qu’il leur manque 1 000 € ou plus, et 34 % disent ne pas avoir besoin de plus. C’est une perception, pas une mesure statistique officielle.

Selon le 20e baromètre Ipsos/Secours populaire, 26 % des Français se déclarent en situation de précarité en 2026, soit six points de plus qu’en 2025. Il s’agit d’un chiffre déclaratif, issu d’un sondage.

Au 26 octobre 2026, le prix moyen du gasoil était de 2,378 € le litre, celui du SP95-E10 de 2,146 € et celui du SP98 de 2,263 €. Ces prix varient chaque jour : le site officiel prix-carburants.gouv.fr recense les tarifs des stations.

La première estimation du pouvoir d’achat 2026, du moins pour ce troisième trimestre, est attendue le 30 octobre à 7h30, et les résultats détaillés le 27 novembre. La prochaine enquête de confiance des ménages paraîtra le 25 novembre.

Charlène Malandain est rédactrice web culturelle et blogueuse littéraire. Basée à Caen en Normandie, elle dirige Charlène Rédac', une activité freelance singulière où elle se positionne comme "psy des auteurs". Cette approche allie expertise en SEO et sensibilité littéraire pour accompagner auteurs, maisons d'édition et professionnels du livre et de la Culture dans leur présence numérique. A travers son site https://charlenemalandain.fr, elle propose des audits et optimisations de sites web, des services de presse et du coaching. Forte d'une communauté de 6 000 abonnés sur LinkedIn, 1 200 abonnés sur Instagram et 1 000 inscrits à sa newsletter, Charlène crée des contenus stratégiques au croisement du marketing digital et de la littérature. Elle travaille actuellement sur son premier roman et développe des projets éditoriaux innovants pour soutenir les auteurs francophones et internationaux dans leur visibilité. Son expertise combine passion littéraire et maîtrise des enjeux numériques, offrant aux professionnels du livre et de la Culture un accompagnement à la fois technique et profondément humain.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *